samedi 9 novembre 2013

Obama s'en prend à Israël

Le voyage de mars 2013 de Barack Obama en Israël avait un goût de "trop-beau-pour-être-vrai." Tout en exerçant des pressions modérées sur Israël, il incitait fortement les Palestiniens à pas poser de conditions préalables aux négociations et leur enjoignait de "reconnaître Israël comme État juif." Cela ne lui ressemblait pas, et laissait prévoir un prix à payer ultérieurement.

Et bien maintenant, huit mois plus tard, c'est ce prix qui a été révélé, et il a deux composantes. Je me permets d'exprimer les positions américaines par une paraphrase: "en premier vous devrez vous tenir tranquille quand nous passons avec Téhéran un accord qui gèle mais ne démantèle pas ses installations nucléaires.  En second lieu, vous devez arrêter les constructions illégitimes d'habitations sur la rive ouest du Jourdain. Sinon, l'Autorité palestinienne, lancera une troisième intifada avec l'assentiment américain.

Les réponses israéliennes aux deux demandes ont été sévères, brutales, et de mémoire, sans équivalent. Le premier ministre Benjamin Netanyahou a fustigé l'accord possible avec l'Iran, une "erreur monumentale" et après sa rencontre avec le secrétaire d'État John Kerry il a  lancé un avertissement : 
"Je lui ai rappelé qu'il avait dit que mieux vaut une absence d'accord qu'un mauvais accord. Et ce qui est discuté à Genève en ce moment est un mauvais accord. C'est un très mauvais accord. Il n'enlève pas à l'Iran une seule centrifugeuse. Et la communauté internationale réduit ses sanctions contre l'Iran pour la première fois depuis de nombreuses d'années. L'Iran obtiendrait tout qu'il voulait à ce stade sans avoir rien à payer. Et cela, au moment où ce pays est sous une pression énorme. J'invite le secrétaire Kerry à ne pas se précipiter pour signer, à attendre, à réexaminer sa position, pour arriver à un bon accord. Mais c'est un mauvais accord, un très, très mauvais accord. C'est l'affaire du siècle pour l'Iran ; c'est un accord très dangereux et très mauvais pour la paix et pour la communauté internationale. "
Le ministre de l'économie et du commerce  Naftali Bennett  a été encore plus direct, soulevant même l'hypothèse d'une bombe nucléaire iranienne qui détruirait la ville de New York : 
"On se rappellera de ces journées critiques de novembre dans les années à venir. Une bifurcation se présente aujourd'hui sur la route du Monde Libre, avec une alternative claire : tenir une position forte et exiger que l'Iran démantèle son programme d'armes nucléaires, ou rendre les armes, céder, et permettre à l'Iran de conserver ses 18.500 centrifugeuses. Dans des années, quand un terroriste islamique fera sauter une valise à New York, ou quand l'Iran lancera un missile nucléaire sur Rome ou Tel Aviv, ce sera la conséquence directe de ce Mauvais Accord conclu dans cette période déterminante. 
A l'image d'un ring de boxe, le régime de l'Iran est actuellement à terre. Il n'est pas loin d'être compté jusqu'à 10. C'est maintenant qu'il faut d'intensifier les pressions et forcer l'Iran à démanteler son programme nucléaire. Surtout il ne faut pas les abaisser. Il serait dangereux de réduire les sanctions et d'accepter un accord permettant à l'Iran de conserver l'intégralité de sa filière de production d'uranium. Ce serait dangereux parce que dans deux ou trois ans, l'Iran balayera tout les obstacles et obtiendra une arme nucléaire avant que le monde ne puisse faire quoi que ce soit pour l'arrêter. Stopper les centrifugeuses ne suffit pas. Il faut les démanteler complètement. Nous lançons un appel à l'Occident pour qu'il ne signe pas ce Mauvais Accord.
Il est de la responsabilité d'Israël d'assurer la sécurité de ses citoyens et c'est exactement ce que nous allons faire. Nous ne remettrons notre sécurité entre les mains de personne."
Sur la question palestinienne, le ministre de la défense  Moshe Ya'alon  est monté au front :
"Il n'y a aucune raison de se demander avec appréhension s'il y aura ou s'il n'y aura pas une troisième intifada. Nous avons été en conflit ouvert et permanent [ avec les Palestiniens ]. Ce qui les intéresse ne se limite pas aux lignes de 1967.Il y a Sheik Munis, [le nom qu'ils donnent à] Tel Aviv, Majdal, [le nom qu'ils donnent à] Ashkelon. Nous avons quitté la Bande de Gaza et ils continuent à nous attaquer. Ils élèvent leur jeunesse en lui faisant croire que Haïfa et Acre sont les ports palestiniens, etc. Il n'y a aucun signe de compromis ici… Nous devrons être astucieux et ne pas nous fixer sur la menace du déclenchement ou pas d'une troisième intifada."
J'ai écrit  avant la dernière élection présidentielle  que les "ennuis d'Israël commenceront vraiment" quand Obama remportera son second mandat. Lors de sa seconde investiture, j'ai prévu que "libéré des contraintes de sa réélection, il pourra finalement exprimer ses opinions antisionistes premières, après une décennie de positionnement politique tactique. Prenons garde à la tonalité manifestement plus négative de la seconde administration Obama envers le troisième gouvernement de Netanyahou." 

Nous y sommes à présent.

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par Daniel Pipes pour National Review Online, 8 novembre 2013
Daniel Pipes est président de  Middle East Forum.

Titre original : Obama Turns on Israel

Traduction: Jean-Pierre Bensimon

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